Samedi 5 avril 2008


"La consolante", de Anna Gavalda.

C'est l'histoire de Charles Balanda, 47ans, homme a priori banal et sans histoire particulière.
Il vit avec le coup de foudre de sa vie, Laurence, et la fille de celle-ci, qu'il aime comme sa propre fille.
Le couple qu'il forme avec Laurence n'est pas idéal, celle-ci le trompe, il le sait mais après tout, il est tombé amoureux d'elle en connaissance de cause (elle était mariée lorsqu'ils se sont rencontrés, elle n'a  néanmoins pas hésité à le draguer...)
Architecte, il a pluôt réussi dans ce métier et voyage beaucoup. Son travail prend une part très importante de sa vie, il n'est donc pas très présent auprès de ceux qu'il aime...

Jusqu'ici, ceci n'est pas une histoire bien différente d'une autre. C'est une situation que beaucoup d'hommes et de femmes connaissent dans la réalité et on en fait pas un livre pour autant...
Mais comme vous vous en doutez, ça ne va pas durer.

Un soir, lors d'un dîner de famille, les parents de Charles lui annoncent qu'ils ont reçu une lettre pour lui.
Charles l'ouvre et... sa vie bascule.

Anouk est morte.
Anouk, c'est la mère du meilleur ami d'enfance de Charles, Alexis. La lettre est d'ailleurs de lui, il a reconnu son écriture. Car sur la lettre, pas de signature, pas de date, aucun détail sur le décès d'Anouk. Juste 3 mots : 
Anouk. Est. Morte.

Charles n'y croit pas, et surtout : il ne l'accepte pas. Cette lettre va provoquer dans sa vie d'énormes changements, enfin plutôt... beaucoup de chamboulements. Je ne vois pas de meilleur mot pour illustrer la suite...
A partir de cet événement, Charles va apprendre à se reconstruire... non, plutôt se construire tout court, en fait.
(Rmq : le fait qu'il soit architecte n'est pas anodin...)


Ce livre est le récit d'un homme qui n'arrive pas à faire son deuil. Il culpabilise d'avoir "abandonné" cette femme qui pourtant avait énormément compté pour lui. Il cherche à savoir pourquoi elle a sombré, elle qui aimait tant la vie...

Cet événement tragique va le forcer à replonger dans ses souvenirs d'enfance, et au cours de sa recherche pour comprendre la mort d'Anouk, il va apprendre à aimer la vie, et fera la connaissance d'une autre héroïne, Kate, une jeune anglaise qui élève des enfants qui ne sont pas les siens dans une ferme en ruine.
Entouré de cette femme et ces enfants (ayant tous vécu des situations difficiles et éprouvantes dans lesquelles ils auraient pu sombrer, mais continuant pourtant à se battre pour la vie),
Charles va apprendre à se construire, enfin.


Cette histoire, comparée aux autres romans d'Anna Gavalda, est d'une tonalité plus grave. Mais elle y imprime à nouveau son style et sa sensibilité. Sa plume ne fait pas d'histoire, elle fait mouche.
Malgré un début peut-être trop étalé et la suppression presque systématique des pronoms devant les verbes qui nous fait perdre souvent le fil (et qui est légèrement irritante), on retrouve vite ce style qui a fait son succès : tout est bien vu, bien épinglé, sur un ton très rentre-dedans et avec un sens aigu du tragi-comique.
Dans ce livre, il y a une profonde compréhention, beaucoup d'amour et beaucoup d'humour.
On aime ses phrases drôles qui tombent au beau milieu d'une scène éprouvante.
L'histoire est terrible, mais la vie y trouve sa place.

"[...] ...ses détracteurs lui reprocheront son côté fleur bleue et ses histoires à l'eau de rose.
"Pas d'accord", protestera l'écrivain journaliste Arnaud Viviant, pourtant réputé pour avoir la dent dure :
"Anna Gavalda parle des gens qui ont une vie simple, elle raconte leur quotidien avec beaucoup de grâce et d'humour. Ses livres sont positifs. [...]"

Et je suis bien d'accord avec lui.

"J'ai toujours pensé que mes personnages avaient des vies plus intéressantes que la mienne."
                                                                                                                                                        Anna Gavalda.



*
Anna Gavalda - Extrait d'une interview dans Libération - 16 Septembre 2000


P.S. : et pour ce qui est du titre, "La consolante" est un terme emprunté à la pétanque, qui désigne une partie pour rien, pour "consoler" les perdants, après la revanche et la belle.)
Par Dana
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Commentaires

Votre article est tout simplement magnifique ! Il est très plaisant à lire, vous savez à quel point j'aime votre style d'écriture. Il est fluide, rythmé, parfumé même ! Tout cela donne envie de lire le livre, vraiment ! Puis, vous gardez un esprit critique très bon malgré votre admiration pour Anna. Je ne peux que vous féliciter pour ce merveilleux article, et j'ai hâte de lire le prochain (oui, je sais j'exagère !:$) Je t'aime !
Commentaire n°1 posté par Baloo le 09/04/2008 à 22h16

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